Entre deux grèves SNCF, le concurrent Trenitalia remplit ses (quelques) trains


La grève des contrôleurs de la SNCF a entraîné l’annulation d’un TGV sur deux lors du premier week-end de chassé-croisé des vacances d’hiver. Sud-Rail fait planer la menace d’une nouvelle grève des aiguilleurs pour le prochain week-end. Pendant ce temps-là, les quelques trains concurrents de Trenitalia accueillent de nouveaux clients.
Samedi soir, sur le quai de la gare de Chambéry, deux TGV se font face. D’un côté celui de la SNCF, qui remonte vers la capitale avec, à son bord, des clients soulagés d’avoir pu embarquer malgré la demi-heure de retard déjà affichée sur leurs smartphones, la faute à un problème d’aiguillage près d’Albertville. Mais dans les rames, on prend son mal en patience, ces voyageurs étant déjà heureux de pouvoir rentrer chez eux alors que la grève très suivie des contrôleurs de la SNCF a provoqué des annulations en cascade partout en France pour ce premier chassé-croisé des vacances de février. Durant les trois jours de grève, la SNCF estime que 150 000 voyageurs, sur le million qui devaient se déplacer, n’ont pas pu prendre leur train.
Pendant ce temps-là, de l’autre côté du quai, le train Frecciarossa de la compagnie italienne Trentitalia patiente tranquillement avant son départ prévu à 19h09. Ce train relie traditionnellement Paris à Turin ou Milan, mais depuis un éboulement spectaculaire fin août dernier dans la vallée de la Maurienne, qui a stoppé net la circulation pour de longs mois, la compagnie italienne, concurrente de la SNCF, n’opère plus cet hiver qu’un train par jour le week-end sur l’axe Paris-Lyon-Chambéry pour tenter d’amortir un peu le manque à gagner.
Mais ce TGV tout rouge est à l’heure, et démarre sans encombre avec à son bord des clients habitués, mais aussi pas mal de touristes qui se sont reportés sur ce concurrent privé. Les primo clients font le tour du propriétaire, découvrent le wagon-bar et profitent en business d’une collation offerte par un barista. Des passagers occasionnels, qui ont trouvé des places en dernière minute pour une centaine d’euros par siège.
«Ce soir, le train est complet»
Après une heure de voyage, le train arrive à Lyon Part Dieu, une gare où la compagnie italienne a pris ses quartiers depuis plusieurs mois avec 5 trains quotidiens programmés. D’ailleurs, les rames se remplissent pour de bon en arrivant dans la capitale des Gaules, regroupant un certain nombres de voyageurs ayant réussi à rallier Lyon par les TER. «Ce soir, le train est complet», souffle ainsi un contrôleur, qui y voit un effet direct de la grève de ses collègues de la SNCF alors que les trains de Trenitalia circulent d’ordinaire avec un taux de remplissage autour de 65%. Pour autant, la compagnie italienne évoque une hausse de fréquentation modérée.
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«Nos trains Frecciarossa, avec ou sans grève, sont traditionnellement plutôt bien remplis pour ce week-end. Donc, le pic existe cette année mais il est difficile de dire quelle est la part de la demande naturelle par rapport à l’impact des annonces de grèves», souffle-t-on chez Trenitalia. Toujours est-il que la compagnie ferroviaire transalpine affichait +8% de fréquentation de ses trains le week-end dernier par rapport à l’année dernière.
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Alors qu’un nouveau mouvement social est à craindre le week-end prochain, à l’appel cette fois-ci des aiguilleurs de la SNCF, «les 5 allers-retours quotidiens Frecciarossa entre Paris et Lyon pourront, certes, absorber une partie de la demande non satisfaite de déplacements entre ces 2 métropoles, mais dans tous les cas, les grèves du secteur sont, pour la tendance globale, une mauvaise nouvelle -», précise Trenitalia qui enregistre «déjà +52% de nombre de voyageurs par rapport à 2023».
Source:Capital




